DEAFplus
article imprimé
fatigacion f.
[ÉtymologieEmprunté au lt. FATĪGĀTIO “lassitude, fatigue” et “action de vexer” (ThesLL 61,344); pour le mlt. cf. MltWb 4,97; LathamDict 1,909c; NiermeyerBu 1,540b; DC 3,422a.
–-
Emprunté au fr.: angl. fatigation (à partir de ca. 1425, MED 3,422a; OED).]
(fatigacion JVignayVégL IV 9,79; [AmphYp BN fr. 24246 f°26r°b; f°88v°b; OresmeEthM p. 508; AalmaR 6551; ChronAnG 80,32], fatigation mil. 13es. Les Anfances Nostre Dame et de Jhesu BN fr.1553 f°274v°b; [OresmePolM p. 336b; doc. 1375 DC 3,422a])
- ◆1o“harcèlement vexatoire, taquinerie” (mil. 13es. – 1483, Les Anfances Nostre Dame et de Jhesu f°274v°b(1) [Et chou li à Marie disoient eles aussi comme en fatigation, et le commenchierent a apieler ‘roine’… li angeles de nostre signor… dist: Ceste parolle que vous avés dite n'est mie en fatigation mis sus, mais en prophesie]; JVignayVégL IV 9,79 [Et n’est pas doute que crins de fame n’ont pas meins de vertuz (que les ners ou nervees) au tel maniere d’engins (il est questions d’arbalètes), et ce esproverent bien li Romain a lor besoing. Car ou siege du Capitoile, corrompuz par longue et soveniere fatigacion(2) les engins, et la planté des ners fust faillie, les dames offrirent lor crins a lor barons combatanz et il, rapareilliez les engins, l’enpointe des aversaires mistrent arieres]; [doc. 1375 DC 3,422a; ChronAnG 80,32 [Et fuist assigné a les chivalers et communes le chapiter del abbeye de Wymouster, en quel ils purrount lour conseil privement prendre saunz destourbaunce ou fatigacion des autres gentz]], Gdf 3,727a; ANDEl; DC 3,422a; DMF [“gêne, importunité”])
- ◆2o“ce qui est cause de fatigue, ce qui lasse (qn ou qch.) (sur les plans physique et psychique)” (1365 – 1650(3), AmphYp BN fr. 24246 f°26r°b [Dormir ou sompme… est dit triblement: L'un est naturel…, l'autre est non naturel qui est causé de trop grant travail et de fatigacion des membres, et cestui fait tousjours bien quant nature si reprent ses forces et ses vertus pour revenir en ses operacions, vérifié sur ms.]; f°88v°b [il est a entendre que la douleur, lacheté ou fatigacion ne s’en voise pas tantost pour reposer]; OresmeEthM p. 508 [Et pour ce elle (la vertu sensitive) se lasse et ennuye et a travail, labeur et fatigacion et ne puet longuement continuer son operacion]; OresmePolM p. 336b [la fatigation ou travail des esperiz en estudiant et le travail du corps en fort laborant empeesche la digestion et le nourissement]; AalmaR 6551 [lassitudo, -dinis : fatigacion, lasseure], TL 3,1642 [renvoi]; Gdf 3,727a; DMF; Hu 4,49a; 4,167b [sous formidant]; FEW 3,434b [Th 1564 - Stœr 1650])
(1)
Pour la description du ms., BN fr.1553, pic. 1285, et la datation du texte, cf. Lepage, “Un recueil français de la fin du XIIIe siècle”, Scriptorium 29,23-46, spéc. 30.
(2)
Gilles Roques, RLiR 48,252, donne pour cette att. la déf. “usage (qui détériore qqch)”. Le mot correspond à JMeunVégL IV 9,8 [par lonc travail]; JPrioratR 8991/2 [cordes et ners lor failloient Et … per tel defaut cessoient Li engin et les arbeletes].
(3)
Datation à vérifier, cp. Trév 1721 2,1679 sous fatigue: «Pomey dit aussi fatigation; ce mot n'est plus en usage, & je ne sçai s'il y a jamais été.»