DEAFplus
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rédaction: Stephen Dörr
faïne2 f.
[ÉtymologieD’un lt.vulg. *FĀGĪNA f. “petit animal du genre des martres (Mustelidés), fouine”, à l’origine adj. (de la même famille que lt.cl. FĀGINUS adj. “qui appartient, qui se rapporte au hêtre”, ThesLL 61,172), qui est lié à un substantif tel que lt. mūstēla ou lt. mēlēs (donc “martre du hêtre”, cf. all. Buchmarder). Les graphies foïne, foÿne (fr. fouine) s’expliquent ou par une influence de la famille de → fo “hêtre” DEAFpré ou par une labialisation, cf. RheinfelderL § 307; § 740. Pour les continuateurs de lt. fāginus, v. FEW 3,370b. –- Pour le commerce de la fourrure en général et de la fouine en particulier, cf. DelortFourr 446; passim.
Rem. no 1: Dans OvMorB VII 3643 et XII 3152 figure le mot foïne dans des passages qui ne se trouvent pas dans le lexte lt. des Métamorphoses. Le sens du mot reste obscur; le ms. Ars. 5069 donne pour la première att. (f°105v°c) fuïne, pour la seconde (f°172v°c) foÿne. Voici les contextes d’après l’ed. B: (VII 3643) Et le leu glout et ravissable Qui le fol (= “troupeau”) vague et foloiable Hape et met a perdicion Au ray de predicacion. Chacent et metent en foïne Et confondent par lor doctrine; (XII 3152) Aigles devint, si com j’entens, Vivans de tolte et de rapine, Mes tant come il iere en foïne Fist moult d’anuis et de damage A Hercules au fier corage.Rem. no 2: Gdf 4,45a relève sous mfr. foine “peau de fouine” comme première att. foinez tiré d’un doc. du Coutumier des foires de Troies qui se trouve dans le ms. Troyes Bibl. mun. 365. Or, ce ms. dans lequel figurent les datations ‘1289’ et ‘1291’ est une pièce d’archives du 15es. ou du 16es., v. Samaran / Marichal 5,663, de sorte que nous renonçons à enregistrer cette attestation.
]
(faïne LMestD 326; RenContrR 31568 [dissyllabique], faÿne MPolRustB 88,62; LMestD 326 var. ms. 2em. 14es., faÿnne LMestD 326 var. ms. 2em14es., foïne ca. 1176 EstFougL 819, foÿne DeschQ 9,79,2356, fouine doc. 1237 [cart. 13es.] GdfC, phoïne GaceBuigneB 10765)
  • “animal du genre des martres (Mustelidés), mammifère et carnivore, qui a le corps mince et le museau allongé, plus petit que la martre des pins, fouine” (dep. ca. 1176 [EstFougL v. ci-dessous], doc. 1237 [cart. 13es.] GdfC; LMestD 326 [piaus de faïne]; MPolRustB 88,62 [et sunt (les zibelines) de la grant d’une faÿne]; RenContrR 31568; [GaceBuigneB 10765 [(chiens) prennent lievres et connins, Blaireaux, phoïnes, chas sauvaiges, Renars, loultres, qui grans donmaiges Font en estans et en rivieres]], TL 3,1563 [déf. “Hausmarder; Hausmarderfell” sans att. pour l’animal]; GdfC 9,649a; DMF; TLF 8,1147a; FEW 3,368a [ne donne aucune att. pour le frm. fouine])
  • ⁠par métonymie “peau de la fouine” (ca. 1176; dep. fin 14es. [att. rares av. le 16es.(1)], EstFougL 819 [Ne vende pas eive por vin, Pel de livre por de conin Ne foïne por cenbelin, Fust de pleine por mazelin]; [DeschQ 9,79,2356; doc. 1395 Gdf], TL 3,1563; Gdf 4,45a; GdfC 9,649a; DMF; TLF 8,1147a)
foinet m.
[ÉtymologieIl est impossibile d’identifier avec certitude le sens du mot. Le contexte unique n’est pas éclairant, d’autres mss. donnent furés et furons (= “furet”), fremiz, formiz et fremins (= “fourmi”). M. Roques, RenR, définit “fouin (fouine) ou putois”. L’élément définitoire ‘putois’ semble venir de TilRem 184: «Les animaux portent dans les fables des noms qui se rapportent à un trait caractéristique de l’animal, p.ex. Bruiant li tor ‘qui bruit’,… Foinez li putois ‘qui vit parmi les hêtres’ [RenM V 1068; 1086 var.]».]
  • “mammifère carnassier, de la famille des Mustélidés, caractérisé par une petite taille (plus petit que la fouine), un corps allongé, des pattes et un museau courts, des oreilles arrondies, une odeur nauséabonde, des mœurs nocturnes, putois?” ([4eq. 12es.] 2em. 13es., RenR 6896 [Et li foinez pas ne s’atoile Qu’il n’i viengne mout fierement, Qu’il vodra mout entierement Renart aidier a cest besoing, cf. v. 6880: Le jor porta le confanon Li prevoz qui Foinez ot non], FEW 3,368b [“petit de la fouine”])
(1) Cp. la rem. no2 supra.