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rédaction: Stephen Dörr
goitron m.
[ÉtymologieDe lt.vulg. *GUTT(U)RIONE “gorge”, sans doute aussi “goitre” (FEW 4,354a [«zuerst in der bed. “kehle”»]), dérivé du lt.cl. GUTTUR “gorge”, “goitre”, ThesLL 62,2374-75. Cf. mlt. gutteria “goitre”, 10es., Niermeyer 477b; gutturna “goitre”, ca. 1440-15es., Latham 219a; gutturnosus “goitreux”, ca. 1172-ca. 1362, ib. En afr. le sens de “gorge” est certain tandis que “goitre” ne peut être certifié sans équivoque pour cette époque, mais le mlt. gutturnosus cité appuie l’existence du sens (v. 2°, goitronneux et gotronné). Vit aussi en aocc. goitron (Arles av. 1379, Rn 3,487b); sursilv. gouterun serait dérivé du rhétorom. guot(t)er ( < lt. GUTTUR, DiczRGr 7,1057a). La graphie go-, attestée plusieurs fois, ne peut être erronée (tel FEW 4,354an3; cf. gotronné); type ancien *gutturone ? – FEW 4,354a.]
(goitron DébCorpsSampV 399; RouH III 4067; AlexArsL 109; JerusH 6433; BestPierre1M XIV 11; BestGuillR 1351; AngDialGregO 12721; EstormiN 459; BeaumS 2,289,36; LettrHippomS 82ro23; etc.etc., ⁠mfr. goytron GastPhébChasseT 40,23var., ⁠agn. goitrun AntidNicD 12 § 23, goittrun EdConfCambrW 3323, ⁠mfr. gouetron GastPhébChasseT 40,23, ⁠s.l. groitron PsLong Gdf, gottron SLouisPathMirD 147, ⁠mfr. goutron Menag[B 232,32] var. ms. B, gouttron PsMétrM 13,5, ⁠mfr. gouctron MenagB 232,32, ⁠agn. gutrun LettrHippoaT 159, ⁠s.l. guitron RenMontArdlT 1825, guiteron GlParH 471, guiton RenMontlC 3510 [leçon confirmée par l’éd. M 93,15; = guitron Gdf], ⁠agn. guitrun 1em. 12es. PsCambrM 5,10; 68,4; 118,103; PsOxfM 5,11; PsArundB Ps.5, p. 517; EdConfVatS 3899; 3907; AdgarK 84,54; DébCorpsSamcV 443, guitrum AdgarK 84,45, ⁠s.l. coiteron LettrHippooT 41)
  • 1o“parties antérieure et latérale du cou, considérées ou vues de l’extérieur ou de l’intérieur (soit l’arrière-bouche et plus bas); gorge, gosier” (1em. 12es.ca. 1393, PsOxfM 5,11 [Sepulchre aovranz est li guitrun d’icels (des ennemis), lt. sepulchrum patens est guttur eorum]; PsCambrM 5,10; 68,4; 118,103; DébCorpsSampV 399 [(l’âme reproche au corps sa laideur) Le goitron sos la goule As plus gros c’une mole, ou 2° ? (var. ms. 13es. Le guitrun suz la gule Est plus engrosue)]; PsArundB Ps.5, p. 517; RouH III 4067; EdConfVatS 3899 [Puis ad li dolens, li chaitifs Le morsel en sa buche mis. El guitrun li est avalé, Mais al miliu s’est aresté]; 3907; AlexArsL 109; AdgarK 84,45; 54; JerusH 6433; BestPierre1M XIV 11; etc.etc., Gdf 4,304c; TL 4,415 [différenciation des sens en “Kehle” et “Schlund, Rachen” et distribution des contextes peu convaincantes]; FEW 4,353b; Stone 346b)
  • 2o“goitre” (?) [Les contextes LettrHippoaT 159 et var. ms. o pourraient s’interpréter comme ‘que la gorge est grosse sous le menton’; mais LettrHippomS 82ro23 est une attestation plus prob. du sens.]⁠ (mil. 12es. [?]; 13es., [DébCorpsSampV 399 v. 1°]; LettrHippoaT 159 [Encountre ceo qui le gutrun est gros de suz le mentun, var. ms. h 153 Contre enfleure de gorge, var. ms. o 41 Contre ce que li coiterons est gros de souz le menton, var. LettrHippomS 82ro23 Pour goitron et enflure [ms. ca. 1300], ensuite 1ert. 16es. - Trév 1732], FEW 4,353b)
goitronneus adj.
  • “qui est atteint d’un goitre, goitreux” (ms. déb. 14es., Vie et mir. de plus. s. confess., Maz. 1716, Gdf [Apres eulx vendront… les fames goitroneuses], Gdf 4,305a; FEW 4,353b [Mfr. goitronneux “goitreux” (hap.)])
gotronné adj.
[ÉtymologieAttesté une seule fois dans un contexte qui ne permet pas d’attribuer avec certitude le sens de “goitreux”. Cp. aussi aocc. gutrinos (Rn 3,488a gutrinos “goitreux”, Foix 14es.; FEW 4,354a).]
  • “qui est atteint d’un goitre, goitreux” (?)⁠ (14es. / 15es., OvMorB VII 2521 [Une pestilance nuisant Espandi… Les oiseaux de l’air mors cheoient, Et la sauvecine ensement Cheoit morte communement. Les brebis erent gonbonees (→ gonboné, var. mss. C [= 1 ms. 14es., 3 mss. 15es.] gotronnees) De malage et toutes pelees])
[agoitroner v.n. AlexParA 5,76,32, variante ms. ca. 1280 remplaçant aquatroner du ms. de base dans le contexte suivant: Des escus font les ais fraindre et esquarteler, Les bons haubers derrompre et laidement fausser et les archons derrier pechoier et quasser Et les chevaus sons iaus andeus aquatroner (autres var. aquaissoner, acrastoner, ajenouler, aqaistroner, aquatroner). Le sens doit être “s’affaisser, s’effondrer”, mais agoitroner est plus probablement var. de aquatroner (à rapprocher à catir) à consonne initiale sonorisée que dérivé de goitron. Si l’on suppose une bévue inspirée de goitron, il faudra partir d’une interprétation comme “se toucher par les goitrons”.]