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i2 pron. adv.
[ÉtymologieProvenant du lt. HĪC “ici” (FEW 4,425a), i se rencontre en afr. avec i(v) (< lt. IBI) qu’il supplante de bonne heure, v. → iv. L’interférence entre les deux se manifeste dans les différentes langues romanes, cf. le tableau dans Pinchon [op. cit. ci-dessous] p. 15, qui montre le spectre des formes anciennes de hi à iv.
Rem.: Afr. i se substitue, à l’origine, à un élément de l’énoncé qui indique un lieu, cf. PassionA 98 ci-dessous. Il s’emploie, ensuite, aussi sans valeur locale pour renvoyer à une situation, à un événement, exprimant l’idée de ‘en la circonstance, pour cela, etc.’, cf. ib. 264, cité ci-dessous. Il peut devenir aussi l’équivalent d’un complément indirect précédé d’une préposition (en général a), cf. RolS 351 ci-dessous, et dans cette fonction il peut se rapporter également à des personnes, cf. PassionA 183; 289 ci-dessous. Cp. ce qui est dit dans la remarque correspondante sous → il. A l’occasion, i peut se trouver dans des emplois divers, prenant aussi une valeur temporelle, cf. AlexisS2 2/3 ci-dessous(1). Enfin, il semble que i puisse prendre, en afr., une valeur explétive plus ou moins évidente. Si l’on peut hésiter encore au vu d’une phrase comme RolS 338 Quant aler dei, n’i ai plus que targer, il ne reste plus aucun doute en lisant ClarisA 841 Droite voie vos i menrai A ma dame. Nous avons là des cas où i n’a plus la fonction de substitut, mais surgit pour référer à un lieu qui n’a pas été mentionné antérieurement, p.ex. RolS 1087 Granz sunt les oz de cele gent estrange; Nus i avum mult petite cumpaigne. Ici se place également i considéré comme «meaningless before monosyllabic verb forms» dans AND 358b(2). Tous ces faits concernent la syntaxe plutôt que la lexicologie. Qu’il suffise donc de renvoyer à l’article i dans TL 4,1258ss. où se manifeste une attitude lexicographique toute différente(3), ainsi qu’à quelques études traitant du sujet: SandqvistBen 215-221; FouletSynt § 436-437, enfin au travail magistral de J. Pinchon, Les pronoms adverbiaux en et y. Problèmes généraux de la représentation pronominale, Genève 1972, qui fait le point sur les questions diverses, et, comme étude supplémentaire pour l’époque du mfr., à P. Wunderli, ”Funktion und Leistungen von y im Mittelfranzösischen”, MélSmeets 337-372.]
Rem.: Afr. i se substitue, à l’origine, à un élément de l’énoncé qui indique un lieu, cf. PassionA 98 ci-dessous. Il s’emploie, ensuite, aussi sans valeur locale pour renvoyer à une situation, à un événement, exprimant l’idée de ‘en la circonstance, pour cela, etc.’, cf. ib. 264, cité ci-dessous. Il peut devenir aussi l’équivalent d’un complément indirect précédé d’une préposition (en général a), cf. RolS 351 ci-dessous, et dans cette fonction il peut se rapporter également à des personnes, cf. PassionA 183; 289 ci-dessous. Cp. ce qui est dit dans la remarque correspondante sous → il. A l’occasion, i peut se trouver dans des emplois divers, prenant aussi une valeur temporelle, cf. AlexisS2 2/3 ci-dessous(1). Enfin, il semble que i puisse prendre, en afr., une valeur explétive plus ou moins évidente. Si l’on peut hésiter encore au vu d’une phrase comme RolS 338 Quant aler dei, n’i ai plus que targer, il ne reste plus aucun doute en lisant ClarisA 841 Droite voie vos i menrai A ma dame. Nous avons là des cas où i n’a plus la fonction de substitut, mais surgit pour référer à un lieu qui n’a pas été mentionné antérieurement, p.ex. RolS 1087 Granz sunt les oz de cele gent estrange; Nus i avum mult petite cumpaigne. Ici se place également i considéré comme «meaningless before monosyllabic verb forms» dans AND 358b(2). Tous ces faits concernent la syntaxe plutôt que la lexicologie. Qu’il suffise donc de renvoyer à l’article i dans TL 4,1258ss. où se manifeste une attitude lexicographique toute différente(3), ainsi qu’à quelques études traitant du sujet: SandqvistBen 215-221; FouletSynt § 436-437, enfin au travail magistral de J. Pinchon, Les pronoms adverbiaux en et y. Problèmes généraux de la représentation pronominale, Genève 1972, qui fait le point sur les questions diverses, et, comme étude supplémentaire pour l’époque du mfr., à P. Wunderli, ”Funktion und Leistungen von y im Mittelfranzösischen”, MélSmeets 337-372.]
(i ca. 1000 PassionA 98; 183; 264; etc.; 289; SLégerA 51; 55; 142; etc.; ; AlexisS2 2; 3; 17; etc.; 69; RolS 4; 5; 9; etc.; 351; PhThCompS 7; 56; 80; etc.; ; LapidffS 33; 36; 41; 55; LapidalS 46; 63; 192; etc.; ; BrendanW 33; 78; 108; etc.; 3; GormB 110; 144; 156; etc.; ; PsCambrM XXIII 7; GrantMalS2 5d; 6a; 30f; etc.; ; WaceConcA 15; 169; 716; 1783; etc.etc.WaceMargK 528, hi ca. 1000 PassionA 346; BibleGuiotW 1996; SThibAlH 422; 450; 492; MPolRustB LIX 2; LX 3; LX 15; etc.; ; BlancandpS 4409, y GilChinP 230; 951; ClefD 117; 163; 212; etc.; ; ApocGiffR 2826; HelcanusN 66bis; 76; 77; etc.; ; JobG 783; 941; 1000; etc.; ; JoinvMo 2; 4; 18; etc.; ; FoukeH 4,27; 5,4; 8,9; etc.; ; GeoffrParChronD 44; 963; 2814; 2886(4); DébCorpsArrL 120; 152; 235; AdvndC 36; 59; 85; etc., hy PéageChalonbA 114; 115)
- ◆adverbe pronominal employé comme substitut d’un élément de l’énoncé qui fournit une indication de lieu, ou d’un élément de l’énoncé introduit par une préposition, employé aussi au figuré ou sans qu’un lieu soit indiqué antérieurement, cf. le commentaire ci-dessus, frm. y (dep. ca. 1000, PassionA 98 [(Jésus Christ dans le cénacle) De pan et vin sanctificat tot ses fidels i sacïet]; 183 [Tuit li fellon crident adun: ‘Maior forsfait que i querem?’ (en parlant de Jésus Christ)]; 264 [Mais per vos et per vostres filz Plorez assaz, qu’i obs vos est]; 289 [Respondet l’altre: ‘Mal i diz’]; 346; etc.; ; SLégerA 51; 55 [Un compt i oth]; 142; etc.; ; AlexisS2 2/3 [Bons fut li secles al tens ancïenur, Quer feit i ert e justise ed amur; S’i ert creance]; 17; 69; 84; etc.; 3; RolS 4; 5; 9; etc.; ; 351; etc. [En cort al rei mult i avez estéd]; PhThCompS 7; 56; 80; etc.; ; LapidffS 33; 36; 41; 55; 95; LapidalS 46; 63; 192; etc.; ; BrendanW 3; 78; 108; 135; 179; etc.; ; GormB 110; 144; 156; etc.; ; PsCambrM XXIII 7; GrantMalS2 5d; 6a; 30f; 35f; etc.; ; WaceConcA 15; 169; 716; 1783; WaceMargK 508; 528; etc.; GaimarB 252; etc.; 264; etc.; 271; etc.; etc.; ; etc.; PhThSibS 325; etc.; 426; etc.; etc.; 618; etc.; ; etc.; WaceNicR 2; etc.; 87; etc.; 135; etc.; etc.; ; etc.; ProvSalSanI 20; 189; 286; etc.; ; CharroiM 35; 39; 57; 217; 250; etc.; ; CourLouisLe 30; etc.; 32; etc.; 40; 41; etc.; ; FloreaL 6; 74; 96; etc.; ; etc.etc.DébCorpsArrL 235, TL 4,1258(5); AND 358b; FEW 4,423a)
(1)
Pour d’autres exemples, cf. SandqvistBen 215.
(2)
Il est donc p. ex. superflu de corriger MarieEspP 185b Bien sachez k’i li enemi Ne vus porrunt mie apresmer en Bien sachez ke li enemi… comme le propose Monfrin R 115,259 dans la suite de l’éd. Warnke.
(3)
Tobler était convaincu, »daß der größte Teil dessen, was gemeiniglich der Syntax zugewiesen wird, fürs Französische durchaus dem Wörterbuche und nur ihm anheimfällt» (ToblerVerm 5,477, cité par Lommatzsch dans TL 1,XI).
(4)
Toujours au début d’un vers, à l’intérieur par contre toujours i, cp. vv. 41; 57; 145; etc.